DGR validiste et transphobe ? Réponse aux accusations et menaces du groupuscule « Beaulieu écologiste » !

DGR validiste et transphobe ? Réponse aux accusations et…

Deep Green Resistance est un mouvement écologiste international, basé sur le livre du même nom, arrivé en France en 2016, et en Bretagne durant cet hiver 2020. Sur notre site deepgreenresistance.fr, nous introduisons nos analyses ainsi : « Malgré la mobilisation des mouvements écologistes depuis 40 ans, la destruction de la planète sʼaccélère. Leur échec sʼexplique par une mauvaise compréhension des enjeux et par l’inefficacité de leurs modes dʼactions. Nʼattendons pas 40 ans de plus ! »… Mais à Rennes, comme ailleurs par le passé, il n’aura pas fallu longtemps pour que le sérieux de nos critiques vienne provoquer la réaction désespérée de quelques militants impuissants face au désastre, et pourtant bien décidés à sauver leur bonne conscience en nous clouant au pilori !

Un rapport binaire au monde, pour une critique au final bien pauvre

Dans son communiqué, « Beaulieu écologiste », le collectif qui diffame et menace notre mouvement, prétend prôner un idéal égalitaire. Il convient alors de commencer par rappeler que l’égalitarisme forcené n’aboutit pas à la libération des humains mais à leur aliénation, et mène au final à une organisation autoritaire de la société (en réalité dans une société où l’individualisme libéral est la norme, l’égalité promue ne peut même qu’être un désastre humain et écologique). L’anarchisme a toujours été plus complexe, tient compte des inégalités et cherche à mettre en place des modes de régulation permettant à toutes les minorités d’être entendues et leurs revendications prises en compte. Ainsi les analyses de DGR, notamment par rapport aux accusations de transphobie et de validisme, mais aussi à l’égard des organisations écologistes bourgeoises, qui n’ont obtenu que très peu de résultats durant les 40 dernières années, sont à l’opposé de cette vision par trop naïve du monde…

Dénoncer une réelle « transphobie », ou confondre alliées et ennemis ?

« D’autres pensent qu’il suffit de ne plus parler de reproduction pour que les problèmes disparaissent, la fameuse politique de l’autruche. Nier le fait que (pour la reproduction humaine) il faut un gamète mâle et un gamète femelle, donc un corps mâle et un corps femelle, ne fera qu’invisibiliser le gibier de tous les fascistes et du capitalisme qui sont obsédés par le contrôle du ventre de la femme, le contrôle de sa sexualité et de sa fécondité […] » (1).

Dans la continuité de cette citation d’Ana Minski, DGR estime que, parce que l’oppression des femmes découle au moins en partie des capacités reproductrices de leurs corps de femelles, et parce que les femmes biologiques (nées femelles et assignées femmes dès la naissance) sont depuis trop longtemps victimes du patriarcat et des abus des hommes nés mâles, leurs espaces non-mixtes ne devraient pas disparaître au profit d’espaces « en mixité choisie » regroupant toutes les « personnes non hommes » par souci d’inclusion. Il existe donc effectivement une différence avec l’objectif poursuivi par Beaulieu écologiste : le but du féminisme radical de DGR n’est pas une inclusivité cultivée pour elle-même (la notion d’inclusivité étant d’ailleurs en réalité bien plus complexe que la binarité manichéenne que l’on rencontre trop souvent), mais bien de permettre une organisation efficace pour l’abolition du genre et des structures d’oppression patriarcales (2)

Mais plus qu’un simple désaccord, pour Beaulieu écologiste, cette différence consistant à ménager des espaces non-mixtes aux femmes biologiques, ferait des féministes radicales des « ennemies » à combattre. Dans ce contexte, force est de constater que la définition d’ « ennemies » que ces pseudo-radicaux appliquent à DGR relève de la pure posture morale et non pas du bon sens stratégique (allant même jusqu’à contredire l’idéal uniciste de l’inclusivité généralisée dont ils se réclament). Autre détail intéressant, il est curieux de remarquer que ce sont majoritairement des hommes (ou personnes assignées hommes à la naissance) qui sont trop souvent à l’origine de cette chasse au « mauvais féminisme » (comprendre « pas inclusif »).

Ceux-ci semblent se complaire (et peut être souhaiter se déculpabiliser de leur place dominante dans le patriarcat ?) en accusant les féministes radicales de toute la souffrance causée aux personnes trans par les structures du patriarcat et du genre. « On » dénonce à juste titre les personnes trans harcelées, torturées, suicidées, mais il est manifeste que cet état de fait  relève  quasi exclusivement du patriarcat lui-même et non pas d’un simple refus du partage d’un espace de réunion non-mixte… Un patriarcat que les féministes radicales de DGR combattent chaque jour tant individuellement que collectivement. Rappelons enfin que DGR est opposé à toutes les formes d’oppression, les personnes trans sont donc les bienvenues au sein du mouvement (tout comme les personnes ayant détransitionné). Elles n’auront pas accès à l’espace non-mixte des femmes biologiques, mais pourront créer un ou plusieurs espaces en non-mixité qui leur sera dédié. (3)

« La médecine industrielle, ça prolonge la vie des gens, donc c’est bien, donc c’est écolo »… ou le raisonnement à l’envers des techno-progressistes

Pour commencer, la citation critiquée par Beaulieu écologiste n’est pas de Nicolas Casaux, mais de Michel Odent, chirurgien et obstétricien français (cf. L’Humanité survivra-t-elle à la médecine ?, Éditions Myriadis), et n’énonce nullement un parti pris comme le sous-entend leur communiqué, mais simplement une réalité, un fait permis par la médecine moderne. Notons ensuite que cette citation n’est plus disponible en ligne, ayant été enlevée de l’article faisant référence aux travaux de M. Odent « Une brève contre-histoire du “progrès”, de la civilisation et de leurs effets sur la santé » (4).

Enfin, précisons encore que Nicolas Casaux n’a jamais été exclu de DGR. Bref nous nous retrouvons donc ainsi à devoir expliquer une citation sortie de son contexte, n’existant plus en ligne, et dont l’auteur comme le sens est finalement bien différent de ce qu’affirme ce communiqué mensonger… Cultiver la désinformation et la calomnie à des fins manipulatoires ne sont pas des stratégies dignes des idéaux libertaires.

Mais ignorons la bêtise de la forme, pour aller plus loin sur le fond : DGR ne désire la mort de personne, puisque l’écologie profonde respecte toute forme de vie. Notre organisation veut mettre un terme au désastre social et écologique en cours, ce qui implique à minima un calcul sincère des coûts-bénéfices du système industriel (y compris médical) à l’égard du monde vivant, humain et non humain. Car en effet il faut bien commencer par reconnaitre qu’actuellement « la civilisation [industrielle] est cause de nombreux handicaps, de maladies justement dites de civilisation : diabète, maladies cardiovasculaires, dépression, stress et angoisses en tous genres, asthme, allergies, cancer, obésité, schizophrénie et autres troubles mentaux. Maladies et handicaps qu’elle traite presque exclusivement de façon technique. » (5).

Mais en plus de ce premier bilan désastreux, force est de constater aussi que la médecine civilisée moderne (industrielle donc) n’est pas démocratique, comme par exemple aux États-Unis où les soins sont fonction du compte bancaire des malades. Elle est une « technique autoritaire » (6), qui n’est pas accessible à toutes et tous (mais est réservée à une minorité de personnes bourgeoises et d’occidentaux.ales), et qui ne pourrait pas l’être faute de ressources… Enfin, parce que la médecine industrielle ne tient aucun compte d’une approche médicale préventive, elle se contente généralement de traiter à postériori les seuls symptômes, et établit une comptabilité en termes d’avantages-inconvénients ayant pour effet de négliger les effets secondaires et les maladies nosocomiales, de déshumaniser les personnes malades (triste exemple des acharnements thérapeutiques), elle a donc aussi pour conséquence de détruire les vies d’innombrables être humains. 

Ainsi, la médecine moderne, malgré, ou plutôt, à cause de son haut niveau technologique, maintient péniblement en vie (et quelle vie?) une humanité rendue de plus en plus dépendante du système industriel mondialisé, et ce alors même que les progrès médicaux proviennent en grande partie du pillage de savoirs ancestraux connus par les peuples premiers, mais qui eux ne requerraient pas le système industriel dans son ensemble pour être efficients. En effet « Nombre de peuples indigènes […] nous montrent que l’attention des humains à l’égard des autres humains, mais aussi des humains à l’égard du monde et de tous les êtres vivants, s’avère bien supérieure dans des sociétés non technologiques. L’histoire nous apprend que depuis des temps immémoriaux l’être humain a su prendre soin des anciens et de ceux qui souffraient de maladies congénitales, de handicaps, comme en témoignent de nombreuses inhumations du paléolithique. Sans la technologie, sans les technologies médicales modernes, nous avons su vivre, vivre bien, et sans détruire le monde. » (5)

C’est dans ce contexte que, plutôt que de refuser toute remise en question du système industriel nécessaire à la médecine moderne, DGR propose donc de promouvoir le développement de modes de soin alternatifs, écologiques, préventifs, inspirés des connaissances médicales ancestrales de diverses cultures, et de repenser le rapport à la mort et à l’inclusion des personnes malades ou handicapées (penser la société avec elles, et non pas vouloir sans cesse les adapter aux standards valides par du bricolage pharmaceutique et industriel les rendant dépendantes de la destruction du monde vivant). À l’inverse crier sans cesse au validisme pour ne pas laisser de place au débat sur la médecine, le rapport à la mort, le handicap (…) dans nos sociétés, c’est alors empêcher une transition solidaire anticipée et pensée par le mouvement de résistance vers des soins plus résilients, écologiques et libertaires, pour les malades présentement aliéné.e.s dans le système industriel; et c’est donc condamner à la mort ou à la souffrance toutes les personnes qui dépendent actuellement de ces soins et ne pourront pas anticiper leur disparition dans le contexte de l’effondrement écologique que nous vivons.

Pour conclure, le principe d’hostilité horizontale que nous estimons bien trop présent dans les milieux militants n’a jamais profité qu’au pouvoir en place. Il est, à notre sens, grand temps de se demander qui et quels intérêts l’on sert à travers ce genre d’agissements, quelles sont nos possibilités de faire autrement. Nous avons exposé nos positionnements face aux accusations de validisme et de transphobie, cependant, précisons encore que nous dénonçons ce travail de sape de toute possibilité de création d’un mouvement de résistance écologiste solide et large. Nous nous positionnons radicalement en contre du dogmatisme et du fantasme viriliste du « coup de poing » entre militant.es, que laissent entendre les menaces de Beaulieu écologiste. Plus globalement, nous invitons donc, humblement mais très sérieusement, à la remise en question des positionnements politiques et stratégiques des collectifs rennais écologistes, féministes et anti-colonialistes. Nous estimons que les différentes branches d’un mouvement de résistance doivent œuvrer en tandem, aussi bien pour cibler les infrastructures stratégiques de la civilisation industrielle que pour informer et faire naître une réelle culture de la résistance dans les faits et non symbolique. Il est, à notre sens, trop tard, et ce depuis longtemps, pour ne pas être aujourd’hui efficace, tant sur le moyen, long et très long terme. 

Références :

(1) : La tyrannie du genre http://www.lesruminants.org/la-tyrannie-du-genre-a177829458

(2) : Sur les dérives de l’intersectionnalité  https://radcaen.tumblr.com/post/627241471610847232/f%C3%A9minisme-intersectionnel-d%C3%A9finition

(3) : Réponse aux accusations de transphobie et d’autoritarisme https://www.deepgreenresistance.fr/2019/12/06/communique/

(4) : Une brève contre-histoire du “progrès”, de la civilisation et de leurs effets sur la santé https://www.partage-le.com/2017/09/03/une-breve-contre-histoire-du-progres-et-de-ses-effets-sur-la-sante-de-letre-humain/

(5) : Technologie, effondrement de la civilisation industrielle et « validisme » https://www.partage-le.com/2020/12/30/critique-de-la-technologie-effondrement-de-la-civilisation-industrielle-et-validisme-par-nicolas-casaux/ 

(6) : Techniques autoritaires et techniques démocratiques https://www.partage-le.com/2015/05/31/techniques-autoritaires-et-democratiques-lewis-mumford/

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